Le grand lac turquoise du Verdon
Le lac de Sainte-Croix
Environ 22 km² d’eau émeraude entre le grand canyon et la Provence, bordés de cinq villages sur deux départements. Voici comment vous repérer : quelle plage, quel village, quelle activité — et ce qu’il faut savoir avant de vous baigner.
- Ce que c’est
- Un lac de retenue turquoise, mis en eau par EDF en 1973
- Superficie
- ≈ 22 km², environ 80 m de profondeur maximale
- Communes riveraines
- Sainte-Croix-du-Verdon, Aiguines, Bauduen, Les Salles-sur-Verdon, Moustiers-Sainte-Marie (Galetas)
- Territoire
- 2 départements — Alpes-de-Haute-Provence (04) et Var (83)
- Baignade surveillée
- Quelques plages seulement, en juillet-août, dont Sainte-Croix-du-Verdon (village), Margaridon (Les Salles) et le Galetas (Aiguines)
S’organiser autour du lac
Les plages, une par une
Galetas, Margaridon, Bauduen, Chabassole… quelle plage, sur quelle rive, surveillée ou non, chiens admis.
Toutes les plages →Le Pont du Galetas
Le pont de l’entrée du lac : là où le Verdon sort du grand canyon et s’ouvre sur l’eau turquoise.
Le Pont du Galetas →Canoë & bateau électrique
Remonter les premières falaises du canyon à la pagaie ou sans permis, depuis le Galetas.
Canoë au Galetas →Baignade & sécurité
Eau froide en profondeur, surveillance rare, lâchers d’eau EDF : ce qu’il faut savoir avant de vous jeter à l’eau.
Sécurité dans le Verdon →Coucher de soleil sur le lac
Les points de vue vérifiés pour regarder le soleil descendre sur l’eau turquoise — et ce que nous savons vraiment sur le col d’Illoire.
Voir les spots →Les cinq villages du lac
La plage du village, surveillée l’été — le point de chute le plus simple pour la baignade.
Aiguines Rive gauche, entrée des gorges (83)Au pied de la Corniche Sublime, avec vue sur le lac depuis le village perché.
Bauduen Rive sud (83)Un village médiéval, avec son esplanade au bord de l’eau.
Les Salles-sur-Verdon Rive est (83)Plage familiale ombragée, base nautique municipale — reconstruit après la mise en eau de 1973.
Moustiers-Sainte-Marie Rive nord, côté Galetas (04)La faïence et un village très visité, à quelques minutes du lac.
Le village englouti
En 1973, EDF met en eau le barrage de Sainte-Croix, un barrage-voûte à double courbure d’environ 95 mètres de haut, pour produire de l’électricité et alimenter la Provence en eau potable. Sa retenue crée un lac d’environ 2 200 hectares et 760 hm³. Le remplissage commence en août 1973 ; il devient définitif le 15 novembre 1973, mais l’eau continue de monter pendant encore un an et demi, jusqu’en avril 1975, pour atteindre son niveau plein.
Cette montée des eaux ne laisse pas de répit à l’ancien village des Salles-sur-Verdon : dès février 1974, ce qu’il en reste n’est plus qu’un amas de ruines cerné par l’eau. Le 1er mars 1974 à l’aube, la gendarmerie évacue les derniers habitants. Quatre jours plus tard, le 5 mars, l’église est dynamitée. La commune, qui comptait 165 habitants au recensement de 1968, n’en compte plus que 125 à celui de 1975 (Insee). Le village neuf est rebâti plus haut ; les indemnisations, jugées trop faibles par les Sallois, empêcheront plusieurs familles de reconstruire. C’est le seul village submergé par la mise en eau du lac de Sainte-Croix.
Le lac a englouti un second lieu, moins connu mais tout aussi marquant : le hameau-source de Fontaine-l’Évêque, à quelques kilomètres des Salles. Sa résurgence — alimentée par un réseau souterrain qui draine le plateau de Canjuers sur près de 40 km — a été étudiée dès 1905 par Édouard-Alfred Martel, le même explorateur qui traverse le grand canyon du Verdon cette année-là, puis par le spéléologue Robert de Joly en 1928 et par le commandant Cousteau en 1953, qui juge le siphon infranchissable ; des plongeurs franco-belges repoussent la limite jusqu’à -44 m en 1966. C’est paradoxalement cette source qui a sauvé Bauduen et Sainte-Croix-du-Verdon de la noyade : redoutant un effet de siphon vers la nappe souterraine si le lac montait trop haut, les ingénieurs abaissent la cote prévue pour le lac, de 500 à 482 mètres d’altitude — un choix qui engloutit Fontaine-l’Évêque sous une soixantaine de mètres d’eau, mais épargne les deux villages, situés plus haut sur les rives.
La température de l’eau, saison par saison
Il n’existe pas de relevé officiel mois par mois pour le lac de Sainte-Croix : voici ce que l’on peut établir en recoupant plusieurs suivis de température indépendants avec le comportement bien documenté d’un lac de retenue profond (environ 80 m au maximum), où la surface se réchauffe vite mais le fond reste froid toute l’année.
5 à 8 °C — personne ne s’y baigne ; les rives peuvent geler la nuit certaines années.
10 à 15 °C — l’eau se réchauffe lentement, encore fraîche fin mai sauf coup de chaud exceptionnel.
20 à 25 °C — la vraie saison de baignade : environ 20 °C dès juin, un pic à 24-25 °C fin juillet-août (jusqu’à 26-29 °C en surface lors des canicules), encore ~20 °C en septembre.
5 à 15 °C — chute rapide : 10-15 °C en octobre, sous les 10 °C dès la mi-novembre.
Chiffres indicatifs, recoupés entre plusieurs suivis de température de surface (non EDF, non officiels) : la réalité varie selon les années, la météo et les lâchers d’eau. Seule certitude, contrôlée sur source : l’eau de fond d’une retenue de barrage ne suit pas la surface, d’où les alertes à l’hydrocution sur nos pages plages et sécurité.
Questions fréquentes
Le lac de Sainte-Croix est-il naturel ?
Non, c’est un lac de retenue artificiel : EDF a noyé l’ancienne vallée du Verdon en 1973 en construisant le barrage de Sainte-Croix, à l’aval. Le village des Salles-sur-Verdon, englouti par la mise en eau, a été entièrement reconstruit un peu plus haut. C’est ce barrage qui donne au lac sa couleur turquoise caractéristique et sa grande profondeur (environ 80 m au maximum : 75 m mesurés et 83 m en valeur théorique, selon l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse). Vous verrez parfois 90 m, voire 93 m, sur des sites touristiques ou encyclopédiques, mais ces chiffres n’apparaissent pas dans la fiche officielle de l’Agence de l’Eau, qui est notre référence ici.
Quelle est la température de l’eau du lac de Sainte-Croix ?
Elle varie énormément selon la saison : sous les 10 °C de décembre à mars, un réchauffement rapide au printemps, une eau confortable dès juin (environ 20 °C), un pic autour de 24-25 °C fin juillet-août (jusqu’à 26-29 °C en surface lors des fortes chaleurs), puis une baisse rapide dès septembre-octobre. Ce sont des moyennes de surface : en profondeur, l’eau d’une retenue de barrage reste froide toute l’année, d’où le risque d’hydrocution en y plongeant brutalement.
Le lac de Sainte-Croix est-il le plus grand lac de France ?
Non. C’est un lac de barrage d’environ 2 200 hectares ; une autre retenue, le lac du Der-Chantecoq, en couvre 4 800, et les grands étangs littoraux (Berre, Thau…) sont nettement plus vastes.
Quelles communes bordent le lac de Sainte-Croix ?
Cinq, sur deux départements : Sainte-Croix-du-Verdon et Moustiers-Sainte-Marie (rive nord, Alpes-de-Haute-Provence), Aiguines, Bauduen et Les Salles-sur-Verdon (rive sud et est, Var). Chacune a sa propre plage et son propre caractère.
Où dormir au bord du lac de Sainte-Croix ?
Ça dépend de l’ambiance recherchée : Sainte-Croix-du-Verdon pour la simplicité (plage du village, baignade surveillée) ; Bauduen pour l’authenticité d’un vrai village médiéval ; Les Salles-sur-Verdon pour une base familiale ; Aiguines pour combiner le lac et la Corniche Sublime. Notre guide « où dormir » détaille chaque secteur du Verdon.
Peut-on faire le tour du lac de Sainte-Croix en voiture ?
Oui, la route qui longe le lac (D957 côté Galetas, puis D19 et D71 selon le sens) permet de relier les cinq communes riveraines en une demi-journée avec des arrêts. Le passage obligé est le Pont du Galetas, entre le lac et l’entrée du grand canyon.
