Histoire & patrimoine
L’histoire du Verdon
Depuis 400 000 ans, des hommes vivent dans le Verdon. Une colonie romaine à Riez, des villages perchés médiévaux, des fortifications de Vauban, la faïence de Moustiers, une première traversée du canyon en 1905, un lac mis en eau à partir de 1973 : voici les grandes périodes qui ont façonné ce territoire — expliquées simplement, et vérifiées.
La préhistoire du Verdon
La grotte de la Baume Bonne à Quinson, 400 000 ans de présence humaine, et un musée signé Norman Foster, qui se présente comme l’un des plus grands musées de préhistoire d’Europe.
Découvrir →Les grandes dates du Verdon
- ~400 000 ans
Les premiers occupants s’installent dans la grotte de la Baume Bonne, à Quinson : le début d’une présence humaine quasi continue jusqu’au Néolithique.
- Sous Auguste · Antiquité
Riez devient colonie romaine — Colonia Julia Augusta Apollinaris Reiorum — carrefour entre Aix et Fréjus.
- XIIe – XIIIe siècle · Moyen Âge
Les villages se perchent et se fortifient : Rougon, Bargème, Trigance prennent leur silhouette castrale défensive.
- 1679
Pierre Clérissy devient le premier maître faïencier de Moustiers-Sainte-Marie, lançant une renommée qui dure encore.
- 1692 – 1696
Sur ordre de Louis XIV, Vauban fait fortifier Colmars, ville-frontière avec la Savoie depuis 1388.
- 11 – 15 août 1905
Édouard-Alfred Martel et l’instituteur de Rougon Isidore Blanc réalisent la première traversée intégrale du grand canyon.
- 1973 – 1975
La mise en eau du lac de Sainte-Croix engloutit le village des Salles, reconstruit sur les hauteurs.
L’Antiquité romaine : Riez
Sous Auguste, Riez devient une colonie de droit latin — Colonia Julia Augusta Apollinaris Reiorum — au carrefour des routes reliant Aix et Fréjus. En témoignent aujourd’hui quatre colonnes monolithiques en granit et leur architrave, vestiges d’un temple tétrastyle probablement dédié à Apollon, ainsi qu’un baptistère paléochrétien du Ve siècle — bâti sur d’anciens thermes, à plan octogonal inscrit dans un carré — l’un des rares édifices de ce type conservés en Provence.
Le Moyen Âge : des villages perchés
Dès le Moyen Âge, l’habitat se perche pour se défendre. Rougon porte un site castral dès le haut Moyen Âge, avec des vestiges des XIIe-XIIIe siècles et déjà 350 habitants en 1301. Bargème, à 1 097 mètres d’altitude, est le plus haut village du Var selon sa mairie — un village féodal bâti autour du château des Pontevès. Trigance conserve un château fortifié du XIIe siècle, ancien fief des seigneurs de Demandolx.
Colmars-les-Alpes, ville de Vauban
Colmars fut ville-frontière avec la Savoie pendant plus de trois siècles (1388-1713), avec de premières fortifications dès 1382. En 1692, Louis XIV charge Vauban de renforcer la place ; les travaux, menés par l’ingénieur Niquet, restaurent la muraille et ajoutent cinq tours bastionnées. Le Fort de Savoie (1693-1696, en amont) et le Fort de France (dit Fort Calvaire, en aval) encadrent toujours la ville.
Moustiers-Sainte-Marie et sa faïence
La faïence de Moustiers est renommée dès le XVIIe siècle : Pierre Clérissy en devient le premier maître faïencier en 1679, avec son célèbre décor bleu de cobalt sur fond blanc. Au-dessus du village, une étoile suspendue entre deux falaises entretient une légende — celle du chevalier de Blacas, fait prisonnier lors d’une croisade au XIIe siècle, qui aurait fait vœu de la suspendre s’il rentrait vivant. Aucun document historique ne l’atteste. L’étoile a été remplacée une dizaine de fois au fil des siècles.
1905 : la première traversée du canyon
Avant 1905, le fond du grand canyon reste largement inconnu. Le 11 août 1905, l’hydrogéologue et spéléologue Édouard-Alfred Martel, mandaté par le ministère de l’Agriculture pour étudier les ressources en eau, s’engage dans le couloir Samson. Il est guidé par Isidore Blanc, instituteur de Rougon et naturaliste, qui connaît le terrain comme personne. Quatre jours plus tard, l’équipe atteint le Galetas : la première traversée intégrale du grand canyon. Un sentier y est aménagé en 1928 par le Touring Club de France, nommé « sentier Martel » dès 1930, puis rebaptisé « sentier Blanc-Martel » en 2005 en hommage aux deux hommes.
1973 : la naissance du lac de Sainte-Croix
Le remplissage de la retenue de Sainte-Croix commence en août 1973 ; la mise en eau devient définitive le 15 novembre 1973, puis l’eau continue de monter pendant environ un an et demi, jusqu’en avril 1975, pour atteindre le niveau plein. Le barrage voûte à double courbure, haut de 93 mètres, crée une retenue d’environ 22 km² et 761 hm³. Le village des Salles-sur-Verdon (la commune comptait 165 habitants au recensement de 1968) est englouti — détruit puis reconstruit sur les hauteurs : c’est le seul village englouti par cet aménagement.
Questions fréquentes
Depuis quand l’homme vit-il dans le Verdon ?
Depuis environ 400 000 ans, d’après les niveaux les plus anciens de la grotte de la Baume Bonne à Quinson. Le détail des périodes et des fouilles est dans notre fiche dédiée « La préhistoire du Verdon ».
Pourquoi les villages du Verdon sont-ils perchés ?
Par nécessité défensive : au Moyen Âge, les communautés s’installent en hauteur, sur des sites castraux faciles à surveiller et à défendre. Rougon, Bargème (le plus haut village du Var selon sa mairie, à 1 097 m) ou Trigance et son château du XIIe siècle en gardent la silhouette caractéristique.
Qui a exploré le premier les Gorges du Verdon ?
L’hydrogéologue et spéléologue Édouard-Alfred Martel, mandaté par le ministère de l’Agriculture, accompagné de l’instituteur de Rougon Isidore Blanc, guide de l’expédition. Partis du couloir Samson le 11 août 1905, ils atteignent le Galetas quatre jours plus tard : la première traversée intégrale du grand canyon. Le sentier aménagé en 1928 porte depuis 2005 le nom de « sentier Blanc-Martel », en hommage aux deux hommes.
Quand le lac de Sainte-Croix a-t-il été créé ?
Le remplissage a commencé en août 1973, et la mise en eau est devenue définitive le 15 novembre 1973 ; l’eau a ensuite continué de monter pendant environ un an et demi, jusqu’en avril 1975, pour atteindre le niveau plein. Le village des Salles, englouti, a été détruit puis reconstruit sur les hauteurs — c’est le seul village englouti par l’aménagement du lac.
Que reste-t-il de l’époque romaine dans le Verdon ?
À Riez, fondée colonie romaine sous Auguste, subsistent quatre colonnes monolithiques en granit d’un temple romain (probablement dédié à Apollon) et un baptistère paléochrétien du Ve siècle — l’un des rares édifices de ce type conservés en Provence.
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- POP — plateforme ouverte du patrimoine (ministère de la Culture)pop.culture.gouv.fr
Base officielle du patrimoine français (Mérimée, Palissy, Mémoire) : monuments historiques, objets protégés et leur statut juridique — la référence pour vérifier qu'un édifice est classé ou inscrit.
- Parc naturel régional du Verdonparcduverdon.fr
L'autorité de gestion du territoire : réglementation par milieu (terrestre, aquatique, vertical), bivouac et camping, feu, drone, conseils des écogardes.
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