Aigle royal
Aquila chrysaetosLe plus grand rapace diurne nicheur du canyon. Avec les vautours, il fait partie des grands planeurs que suivent le Parc et la LPO, tournoyant au-dessus des falaises.
Faune · Le Verdon sauvage
À la rencontre des Alpes et de la Méditerranée, le canyon est un sanctuaire vivant : des aigles et des vautours dans le ciel, un poisson fantôme dans la rivière, des milliers de chauves-souris dans les grottes, des chamois sur les versants. Voici les animaux du Verdon, où les observer, et pourquoi ils sont si précieux.
Le plus grand rapace diurne nicheur du canyon. Avec les vautours, il fait partie des grands planeurs que suivent le Parc et la LPO, tournoyant au-dessus des falaises.
Petit poisson au museau pointu, endémique du seul bassin du Rhône et en danger. Redécouvert dans les grandes gorges en 2001, sa population du Verdon — isolée par les barrages — est l’une des dernières de France.
Rare chauve-souris méditerranéenne qui rase l’eau pour chasser. La grotte d’Esparron abrite à elle seule près de 30 % de la population reproductrice française : plus de 2 000 individus y mettent bas chaque été.
Jusqu’à 60 cm, constellé d’ocelles bleus, il prend le soleil sur les vieux murs et les éboulis de la garrigue. Discret, spectaculaire et protégé.
Disparu puis revenu naturellement, le plus grand rongeur d’Europe a recolonisé le Verdon et ses affluents, où il façonne les berges au crépuscule.
Les parois verticales du Verdon sont un immense perchoir. Au-dessus des vautours, auxquels nous consacrons une page entière, plane l’aigle royal, qui niche dans le canyon, aux côtés du circaète Jean-le-Blanc — un aigle mangeur de serpents, migrateur — et du faucon pèlerin, l’animal le plus rapide du monde en piqué. La nuit, c’est le grand-duc d’Europe, plus grand rapace nocturne du continent, qui règne.
Sur la roche elle-même vivent des spécialistes : le tichodrome échelette, petit oiseau gris aux ailes carmin qui grimpe les falaises comme une souris ailée ; le crave à bec rouge et le grand corbeau ; et le martinet à ventre blanc, le plus grand martinet d’Europe, qui niche dans les anfractuosités. Le Parc du Verdon a recensé quelque 180 espèces d’oiseaux.
Sous la surface turquoise vit un trésor : l’apron du Rhône. Ce petit poisson au museau pointu, endémique du seul bassin du Rhône, a disparu de plus de huit dixièmes de son aire d’origine. Redécouvert dans les grandes gorges en 2001, il y forme une population isolée par les barrages — l’une des dernières de France. Il est si menacé qu’un arrêté de protection de biotope veille sur son habitat dans les gorges depuis 2012, et qu’un plan national d’actions lui est consacré.
Il partage la rivière avec la truite fario, autrefois reine des lieux, et un cortège de poissons d’intérêt européen — barbeau méridional, blageon, chabot, toxostome — ainsi que la fragile écrevisse à pattes blanches. Sur les berges, le castor d’Europe, revenu naturellement, façonne le paysage ; la loutre d’Europe, disparue pendant des décennies, y laisse depuis peu de nouveaux indices de son retour. Dans les eaux calmes des basses gorges se cache la cistude d’Europe, notre tortue d’eau douce.
Le calcaire est creusé de grottes, et les grottes sont pleines de vie. Le Parc du Verdon abrite vingt-deux espèces de chauves-souris — sur les trente-deux que compte la France —, dont quinze fréquentent les gorges. La vedette est le murin de Capaccini, une rare chauve-souris pêcheuse qui rase l’eau pour capturer insectes et alevins. La grotte d’Esparron, dans les basses gorges, abrite à elle seule près de 30 % de la population reproductrice française de l’espèce : plus de 2 000 chauves-souris y mettent bas chaque été. On y trouve aussi le minioptère de Schreibers, le grand et le petit murin, la barbastelle et les rhinolophes. Toutes sont protégées, et un arrêté de biotope veille sur leurs gîtes.
Loin des parois, les forêts de chênes et de pins et les garrigues abritent le gros de la faune terrestre : chevreuil, sanglier, renard roux, écureuil roux, et le chamois, qui a colonisé les versants rocheux du canyon. Plus haut, vers le Haut-Verdon, la marmotte siffle sur les alpages. Depuis les années 1990, le loup gris est de retour dans la région, en discrète recolonisation.
Côté reptiles, la vedette est le lézard ocellé — le plus grand lézard d’Europe, jusqu’à 60 centimètres, constellé d’ocelles bleus —, qui prend le soleil sur les vieux murs et les éboulis. Il partage la garrigue avec le lézard vert, le lézard des murailles, deux couleuvres inoffensives (à collier, vipérine) et la vipère aspic, la seule vipère du Verdon.
Cette richesse n’est pas un hasard : elle est protégée. Le Parc naturel régional du Verdon anime six sites Natura 2000, et plusieurs espèces bénéficient de protections fortes — arrêtés de biotope pour l’apron du Rhône (2012) et le murin de Capaccini (2009), plan national d’actions pour l’apron. Même les insectes comptent : l’écaille chinée, le damier de la succise, le lucane cerf-volant et le grand capricorne figurent parmi les espèces qui ont justifié le classement du canyon.
Beaucoup de ces espèces sont protégées et sensibles au dérangement, surtout au printemps : rapaces et vautours nichant en falaise (des voies d’escalade sont fermées en saison de reproduction), chauves-souris dans leurs grottes, apron dans le lit de la rivière. Gardez vos distances, tenez les chiens en laisse, ne pénétrez pas dans les grottes, respectez le balisage et les arrêtés. On observe et on photographie — jamais on ne capture ni ne nourrit.
Dans le ciel, des vautours et l’aigle royal tournoient au-dessus du canyon ; sur les versants rocheux vivent des chamois ; sur les murs et éboulis ensoleillés, le lézard ocellé, le plus grand lézard d’Europe. La rivière abrite truites et poissons rares comme l’apron du Rhône, et les grottes du calcaire hébergent des milliers de chauves-souris. Le meilleur moment pour observer est tôt le matin et en fin de journée, avec des jumelles.
C’est un petit poisson endémique du bassin du Rhône, en danger d’extinction : il a disparu de plus de huit dixièmes de son aire d’origine. Redécouvert dans les grandes gorges du Verdon en 2001, il y forme une population isolée par les barrages, parmi les dernières de France. Son habitat est protégé dans les gorges par un arrêté de biotope depuis 2012, et il bénéficie d’un plan national d’actions.
Oui — les quatre espèces de vautours d’Europe fréquentent le canyon, à la suite d’un programme de réintroduction lancé à Rougon en 1999. On leur consacre une page entière : voir « Les vautours du Verdon ».
Le loup gris est de retour dans la région depuis les années 1990, en recolonisation discrète — la Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région française où il est le plus présent. Les rencontres restent exceptionnelles : le loup évite l’homme.
Le chamois a colonisé les versants rocheux du canyon ; on l’observe surtout tôt le matin et en fin de journée, sur les pentes escarpées, depuis la Route des Crêtes ou les sentiers. Des jumelles et de la patience font toute la différence.
Oui, c’est un territoire majeur : le Parc du Verdon abrite vingt-deux espèces de chauves-souris, sur les trente-deux que compte la France, dont quinze fréquentent les gorges. Toutes sont protégées. La grotte d’Esparron, dans les basses gorges, est l’un des plus importants sites de reproduction de France pour le murin de Capaccini.